Ginette Dupouik enleva fébrilement du sac le leggins léopard qu'elle venait d'acheter à Pouic Paradise of Discount, sur la zone industrielle de Pouicville. Elle s'empara d'une paire de ciseaux afin de couper l'étiquette qui risquait de la démanger. Hélas, le tissu fut entaillé et le leggins n'était plus portable. Elle prit cet air hébété si fréquent chez les Pouik-Pouics.P1010024 

Raoul, son mari lui dit:

"_ ça ne fait rien bichette. De toute façon tu n'aurais pas pu le mettre, tu n'as pas de jambes.

_C'est vrai, répondit-elle, je n'y avais pas pensé.

Il renchérit

_Et puis tu sais, nous autres Pouik Pouics vivons à poils depuis la nuit des temps.P1010032

_Regarde nos fils, Didier, Didier et Didier, jamais il ne leur traverserait l'esprit de s'habiller.

(A vrai dire il y a peu de choses qui traverse l'esprit d'un Pouik Pouic, NDA)P1010036

Raoul se fit alors une réflexion profonde et la livra à Ginette :

_C'est drôle, nous on a des poils mais les Didiers ont des pois, un peu comme ce voisin qui est parti sans laisser d'adresse. Tu te souviens, comment s'appelait t-il déjà ? Ah oui, Aldo Pouikers!

Ginette frémit à l'idée que son terrible secret puisse être découvert et dit:

_Mais que vas tu imaginer, Raoulinet ?     Tu sais bien que dans ma famille on a des origines écossaises. Ce sont des pois écossais."

Raoul ne dit rien et alluma la télé. Ginette fit ce qu'elle faisait toujours lorsqu'elle éprouvait un malaise existentiel. Elle prit le catalogue des "3 pouics" et admira longuement tous ces leggins qui la faisaient rêver.